Outrage au public - Création version française Théâtre
Du théâtre fantasque et troublant avec la touche désopilante de la compagnie De Koe. Imprévisible, à coup d’illusion abstraite et de destruction, le théâtre affiche ses vertus créatives.
Texte Peter Handke Mise en scène et conception Peter Van den Eede
Avec Gene Bervoets, Natali Broods, Sofie Palmers, Marijke Pinoy et Peter Van den Eede
Traduction française, coaching linguistique Martine Bom Scénographie, création lumières Matthias de Koning Création son Pol Geusens Création culinaire Ann Van der Auwera Technique Bram De Vreese, Steven Brys Administration Jonas De Smet Production et communication Marlene De Smet.
Mardi 22, jeudi 24, vendredi 25 novembre 2011 à 20h Mercredi 23 novembre 2011 à 19h - Odéon Tarif III[+] - Durée1h30
TAXÉ D’« ANTITHÉÂTRE », accusé d’être scandaleux à sa création en 1966, l’Outrage au public de Peter Handke retrouve une détonante actualité avec la compagnie flamande De Koe. Ils reviennent après leur étourdissant Qui a peur de Virginia Woolf ?, toujours plus alertes sur notre société dite développée, civilisée. Premier axiome de départ, la devise shakespearienne d’un théâtre du monde poussée à l’extrême : la vie est comme le théâtre et le théâtre, c’est la vie. « Nous sommes nous. Nous ne jouons pas » préviennent les joueurs/auteurs de De Koe qui, avec une honnêteté impudente, montrent l’homme authentique. Le commando flamand met à nu les artifices de la représentation avec pour cible tous les systèmes établis. La pièce, au titre ouvertement polémique, scrute nos habitudes, nos comportements qui depuis l’enfance nous ont appris les habiles mécanismes de la répétition. Conduits par Peter Van den Eede, les acteurs dépassent le jeu traditionnel du comédien. En souvenir des happenings, les spectateurs sont pris à partie, parce qu’il est question, ici et maintenant, de nos existences et du sens de la vie. Une saine ironie accompagne ce spectacle-manifeste dérangeant, assurément vivifiant. Prometteur également car un optimisme troublant le porte dans sa soif urgente du bonheur. Si la lucidité s’aiguise dans l’auto-dérision, ce théâtre, médium social et rassembleur, nous met frontalement face à nos propres paradoxes.