Sur les terres d’Ingolstadt, Yves Beaunesne met en scène les affleurements d’une ère de liberté. Un texte de chair et de désirs, où l’amour fait semblant et s’écorche.
De Marieluise Fleisser Mise en scène Yves Beaunesne Texte français et adaptation Marion Bernède et Yves Beaunesne
Avec Julien Barret, Jean Boissery, Valentin de Carbonnières, Thomas Condemine, Frédéric Cuif, Fany Mary, Océane Mozas, Guillaume Rannou, Laure-Lucile Simon, Olivier Werner
Collaboration artistique Marion Bernède Scénographie Damien Caille-Perret Costumes Patrice Cauchetier Lumières Joël Hourbeigt Son Jean-Damien Ratel Maquillages Catherine Saint-Sever
Spectacle accueilli en résidence de création au Théâtre de Nîmes.
Vendredi 18, samedi 19 novembre 2011 à 20h - Théâtre Tarif II[+] - Durée1h40 environ
ORIGINAIRE D’INGOLSTADTen Bavière, Marieluise Fleisser est un temps la maîtresse de Brecht, qui met en scène en 1929 à Berlin Pionniers à Ingolstadt. Yves Beaunesne redécouvre cette pièce à succès et à scandales qui vaudra à la femme écrivain les foudres de sa famille. La « déesse des marécages », interdite de publication à l’arrivée d’Hitler au pouvoir, ne sortira du purgatoire que dans les années 70, filmée entre autres par Fassbinder, devenant un auteur culte en Allemagne. Sur fond de chronique provinciale, une compagnie de soldats du génie arrive à Ingolstadt pour réparer un pont de bois. Dans cette ville où l’ennui pèse, les jeunes femmes s’aventurent avec eux dans des jeux de désirs. Elles offrent ou vendent leur amour à ces hommes non établis, étrangers aux clichés petit-bourgeois. A fleur de peau, les mises en scène d’Yves Beaunesne guettent cette balade nocturne lancinante où se bâtissent rêves et espoirs. Avec Partage de midi, il projette l’absolu d’un amour, mythique et mystique, avec Le Canard sauvage d’Ibsen, les impératifs d’un idéal confronté à la vie d’individus ordinaires. Son école des amants se teinte, dans Cosi fan tutte de Mozart, d’une terrible légèreté. Il donne à entendre, avec Pionniers à Ingolstadt, les vibrations d’un texte, ses murmures et ses violences, il nous fait voir des êtres qui veulent être libres et qui ne le sont pas. Sensible, son art du théâtre s’attache à ce qui se joue chaque fois sur scène de notre part d’humanité.