Les chevaliers de la table ronde transposés dans une histoire de notre temps : la puissance joyeuse de l’épopée, en contrepoint d’une humanité disloquée.
De Tankred Dorst avec la collaboration de Ursula Ehler Traduction Hélène Mauler et René Zahnd / L’Arche Éditeur
Création collective du Collectif Les Possédés, dirigée par Rodolphe Dana
Scénographie, costumes et lumière Katrijn Baeten et Saskia Louwaard Régie générale, régie lumière Wilfried Gourdin Assistante mise en scène Pauline Ringeade Assistante costumes Sara Bartesaghi Gallo Stagiaire scénographie et costumes Elsa Dray-Farges
Avec Simon Bakhouche, Laurent Bellambe, Julien Chavrial, David Clavel, Rodolphe Dana, Françoise Gazio, Katja Hunsinger, Antoine Kahan, Nadir Legrand, Régis Laroch, Christophe Paou, Marie-Hélène Roig
Jeudi 26, vendredi 27 mai 2011 à 20h - Cloître des Jésuites Tarif III[+] - Durée3h30 avec entracte
Le collectif Les Possédés s’attaque à la légende des chevaliers de la Table ronde, le ton intrépide offre une vision décalée du genre humain. La pièce de Tankred Dorst semble avoir été écrite sur mesure pour eux tant elle humanise la quête du Graal. Pièce fétiche de l’auteur datant des années soixante-dix, Merlin est une fresque grand format à la Shakespeare, une comédie burlesque pleine de liesse, à la hauteur du Sacré Graal des Monty Pyton. Sa veine politique donne à l’utopie de la Table ronde une résonance actuelle. La recherche d’un ordre juste se réalise au sein d’un monde comparé à une terre dévastée. Merlin en fils du diable, le mythe est fait d’amour et de pouvoir pervertis, entrelaçant destins individuels et idéal collectif.
La jeune troupe reste fidèle à sa renommée, intuitive et énergique, elle donne à voir la part d’humanité et d’inhumanité qui sommeille en chacun, parodiant les amours contrariés de Guenièvre et Lancelot, s’essayant au charme aguicheur de Gauvin et aux doutes d’Arthur. Ici le théâtre se fabrique à vue dans un enchaînement de faux sang et de vraie émotion. Passant de l’absurde à la gravité, Les Possédés multiplient les registres et peaufinent leur jeu naturel. Portés par le même souffle que dans leurs mises en scène dépouillées de Lagarce ou de Tchekhov, les acteurs se lancent dans un théâtre encore plus physique. Le corps échappe définitivement à la raison, se faisant l’expression de toutes les pulsions.