Forcément, leurs enfants ne pouvaient y échapper. Israel Galván a choisi d'aller au bout de ses désirs de modernité avec une audace sans limites. Il s'est imprégné dès l'enfance d'une manière forte de vivre le flamenco et, à l'image d'un Picasso formé par un père professeur aux Beaux-Arts de Málaga, c'est bien cette possession innée des canons traditionnels qui lui permet aujourd'hui ce dépassement.
Pour Pastora Galván, la tâche était délicate en raison du succès d'Israel, « génie d'avant-garde ». Mais elle se forme patiemment, d'abord au conservatoire de Séville, puis au fil de rencontres intuitives et de nombreux voyages initiatiques (aux USA, au Japon). Israel, son aîné de sept ans, l'accompagne et la guide en douceur ; elle danse dans plusieurs de ses créations mais elle ne grandit pas dans son ombre. Et cette Francesa, qu'Israel écrit pour elle en 2006, est hommage à une danseuse lumineuse...
José Galván, flamenco sévillan, a démarré une carrière précoce et rencontre en 1966 la danseuse Eugenia de los Reyes qui devient son épouse et sa partenaire. C'est l'époque du boom touristique où les flamencos passent de tablaos en hôtels de la Costa del Sol avec des tournées jusqu'aux USA. En 1977, le couple ouvre une des premières écoles de danse de Séville ; José dirige sa propre compagnie et des dizaines de grands noms du baile fréquentent la célèbre académie du quartier de San José Obrero. José et Eugenia sont de grands danseurs et passeurs qui ont consacré leur vie à transmettre la flamme du flamenco.